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Couverture et accessibilité

La dimension européenne de la lutte contre la fracture numérique

Source : La lettre Emerit n°46

Date : Deuxième semestre 2006

Résumé : le Conseil européen et la commission européenne ont adopté une déclaration commune à Riga le 11 juin 2006. Il s’agit d’une série d’engagements pour lutter contre les risques d’exlusion sociale liés au développement d’Internet et des TIC. La déclaration de Riga a pour objectif de promouvoir les usages d’Internet au service de l’inclusion sociale de groupes défavorisés, notamment les personnes handicapées, les personnes isolées, les personnes pauvres, les personnes analphabètes. Parallélement à cette réunion à Riga, une conférence internationale a permis de confronter et de mettre en perspective les analyses développées par des chercheurs et des responsables d’ONG, des industriels et des responsables d’administrations publiques. En matière de diffusion des TIC et d’utilisation d’Internet, il existe d’importantes inégalités numériques en Europe. Il y a une ligne de fracture qui sépare le nord-ouest du sud-est. Dans le groupe « nord-ouest », on trouve la Finlande, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, le Luxembourg. Dans ce groupe, plus de 70% de la population entre 16 et 75 ans utilisent un ordinateur et plus de 60% a accès à un ordinateur. Le groupe du « sud-est », comprend l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce, Chypre, la Slovénie, la Tchéquie, la Pologne, la Hongris, la Letonie et la Lituanie. Dans ce second groupe, les pourcentages de ceux qui utilisent un ordinateur ou de ceux qui ont accès à un ordinateur n’atteignent pas 40%. En position intermédiaire entre cette ligne de fracture, on trouve : la France, la Belgique, l’Irlande, l’Autriche, la Slovaquie, l’Estonie. Dans le groupe intermédiaire, 50% à 60% de la population, selon les cas, utilisent un ordinateur et a accès à un ordinateur. Ces denières années, la diffusion d’Internet a progressé dans chaque groupe de pays, mais les écarts se sont peu réduits. En outre, dans tous les groupes, l’accès au TIC est inégalement réparti au sein de la population. Ces écarts sont fonction de l’âge, du niveau de diplôme, du revenu et en fonction de la composition de la famille. Les écarts selon le genre sont en train de s’estomper dans le premier groupe tandis qu’ils persistent dans le second. Les usages et les sites visités par les internautes du premier groupe, du second et du groupe intermédiaire sont similaires. A noter que c’est dans le groupe où la diffusion d’Internet est la plus répandue que les risques de discrimination à l’égard d’une minorité de personnes exclues sont les plus élevés. A noter aussi qu’un nombre très important de citoyens européens n’utilisent pas régulièrement Internet ou n’ont jamais utilisé un ordinateur. Cela reflète l’ampleur de l’exclusion numérique en Europe. Pour réduire cette fracture, la Commission européenne s’est engagée dans un programme de recherche sur l’accessibilité numérique et sur les technologies « assistives ». Il s’agit de favoriser l’accès des personnes âgées et handicapées à Internet. Par ailleurs, dans le cadre du programme d’action communautaire, sur l’exclusion sociale et l’exclusion numérique, des inventaires et des études sont lancés pour dresser un panorama des initiatives prises dans les différents pays pour combattre l’exclusion numérique et exploiter les potentiels des TIC au bénéfice de groupes sociaux défavorisés (demandeurs d’emplois, migrants, jeunes en difficultés, personnes âgés …)

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Posté le 12 juillet 2006 par EComtat