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Pays en développement et diffusion des TIC

La fracture numérique en Afrique

La diffusion et la pénétration des TIC sur le continent africain : un bilan contrasté

Auteur du rapport : Bernard Conte – Maître de conférences – Centre Economie du développement – Bordeaux IV

Résumé : la mondialisation s’accompagne de la diffusion d’Internet à travers le monde. On est entré dans une ère nouvelle : celle des réseaux. Internet est, en effet, un nouveau vecteur de développement et d’échanges qui offre de nouvelles possibilités. Dans ce contexte, la diffusion d’Internet dans les pays du Sud devient une priorité. L’intégration à ces réseaux peut être une voie prometteuse pour le développement des pays du Sud. L’auteur a construit un indicateur synthètique de développement d’Internet en Afrique (l’indicateur IDIA) pour établir une mesure de diffusion des TIC. Cela permet d’évaluer l’intégration des différents pays du continent aux réseaux mondiaux. L’indicateur IDIA prend en compte 5 paramètres : le nombre d’utilisateurs d’Internet en Afrique, la télédensité (nombre de lignes téléphoniques fixes rapporté à la population), le nombre de fournisseurs de services Internet, le débit international (en kilo-bits par seconde rapporté à la population) et le nombre d’ordinateurs connectés. Il mesure essentiellement l’aspect quantitatif du developpement du réseau et n’inclut pas, pour le moment, d’autres paramètres relatifs aux usages des TIC. Cet indicateur se fonde sur les données disponibles de 1997 à 2000. Il s’agit d’analyser les évolutions de la pénétration d’Internet en Afrique sur la période. On notera que seuls 36 pays ont pu être pris en compte sur la période considérée. Les résultats font état de l’existence d’une fracture numérique profonde à l’intérieur même du continent africain. Les écarts entre les valeurs de l’indicateur INDIA selon les pays sont importants. Les cinq premiers pays du classement par rapport à l’intégration au réseau se situent en Afrique australe. Les pays d’Afrique du Nord se situent aussi en tête du classement. On voit aussi que les pays francophones se détachent (notamment le Gabon et le Sénégal et, dans une moindre mesure, le Togo et la Côte d’Ivoire). En queue du classement, on trouve les pays enclavés ou qui ont subit des troubles (République démocratique du Congo, Ethiopie, Somalie, Tchad, Libéria, Burundi, Niger). Toutefois, il y a aussi dans le même temps une tendance à la convergence et à la réduction de cette fracture numérique entre les Etats. On observe, en effet, une réduction relativement rapide et importante de la dispersion de l’IDIA dans le temps. L’Internet se développe relativement rapidement en Afrique, mais de façon inégale. La réduction des disparités inter-étatiques devrait encore s’accélérer sans pour autant faire totalement disparaître la fracture numérique entre les pays. Il convient de s’interroger sur les types de politique à mettre en œuvre pour corriger et réduire encore ces inégalités

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Posté le 22 juin 2006 par EComtat